 |
Langue |
 |
 |
Menu principal |
 |
 |
Dossiers |
 |
 |
Association |
 |
Rejoignez l'Association des familles Pasteur!
|
 |
Généalogie |
 |
| Base de données généalogique en ligne des différentes branches Pasteur dans le monde. |
| Disponible en ligne, l'ouvrage le plus complet sur les familles Pasteur! |
 Edition en ligne révisée
|
 |
La Gazette |
 |
Bulletin de l'Association des familles Pasteur
Publiée au format PDF. Nécessite Acrobat de Adobe.
|
 |
La diaspora |
 |
 |
Sélection de livres |
 |
 |
Lu pour vous |
 |
 |
Ephémérides |
 |
 |
Qui est en ligne? |
 |
Il y a pour le moment 16 invité(s) et 0 membre(s) en ligne.
Vous êtes un visiteur anonyme. Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en cliquant ici. |
 |
Le site |
 |
Impressions: 10559711 pages affichées depuis Juin 2001 |
 |
Partneraires |
 |
|
|
|
Généalogie des familles Pasteur
Prologue
J'ai cru pendant longtemps qu'il n'y avait
jamais eu qu'un seul Pasteur, celui dont le portrait en relief ornait les
boites des vaccins de son Institut. Lorsqu'il y a tantôt vingt ans,
c'est-à-dire tardivement dans ma carrière, je me lançai en
microbiologiste dans l'étude de sa vie et de son oeuvre, l'idée ne
m'effleura même pas d'examiner si d'autres que lui avaient porté ce nom.
En 1993 cependant, alors que j'avais déjà beaucoup écrit sur Pasteur,
je découvris des papiers anciens sur ses ancêtres Roqui (maternels) aux
archives de sa Maison natale à Dole. Cela me fit entrer d'un coup dans le
monde de sa famille et me libéra en même temps de l'archaïsme du
«mythe médico-républicain» qui sous-tend depuis les origines
l'historiographie du savant. Dès lors en effet, je le vis
autrement.
Ainsi mis en appétit, la situation
évolua encore deux ans plus tard quand les minutes anciennes des notaires
de Mouthe furent déposées aux Archives du Doubs. Reprenant à mon compte
le mot de Mme Marguerite Rémond, née Chamecin, petite-cousine du savant,
à propos des archives du prieuré de Mouthe, je dirai également qu'un
«nid de Pasteur» existait dans les papiers notariaux que je découvrais
et qui recelaient toute une vie inconnue de moi et de beaucoup d'autres.
L'intérêt de ces documents, s'ajoutant à celui des archives du prieuré
déjà étudiées en partie par le chanoine Jean Musy et M. Jean-Marie
Augustin, était tel que je n'eus plus qu'une seule possibilité : scinder
mon étude presque achevée et publier un volume spécifique sur la vie
des ancêtres de Pasteur et un autre sur sa jeunesse comtoise qui,
jusque-là, occupait l'essentiel de mon texte. L'oeuvre scientifique
suivrait.
L'année mondiale Pasteur me procura un
second avantage. Au gré de cérémonies locales, j'eus la chance de
rencontrer les rares personnes qui, en Franche-Comté, s'intéressaient
avec efficacité et compétence à la généalogie du savant, traquant les
erreurs et les contre-vérités et faisant des découvertes majeures comme
celle, par le général Pierre Jacquenot, des origines périgourdines de
Pasteur, via l'un des arrière-grands-pères de celui-ci, Pierre Jourdan,
vieux soldat devenu bisontin d'adoption. Au contraire de moi, ces
Francs-Comtois savaient depuis longtemps, souvent parce que leurs familles
se rattachaient au tronc pasteurien, que de nombreuses personnes,
réparties dans de multiples «nids», portaient ce patronyme. Lors du
Congrès français de Généalogie qui se tint en 1995 à Besançon, je
rencontrai le général Jacquenot et Mlle Françoise Barthelet, pilier du
Centre d'Entr'aide Généalogique local, avec qui le premier collaborait.
En août suivant, lors de la fête du ploussard à Pupillin,. je fis
vraiment connaissance avec Martine Bellague et Jean-Marie Gallois, que
j'avais déjà aperçus brièvement quelques mois plus tôt à Marnoz,
patrie des Roqui. A Pupillin, leur présentation de cartes postales
laissait bien augurer de la suite ; celle-ci devint pour moi un vrai
bonheur quand j'eus pénétré un peu leur incomparable travail. Depuis,
d'une certaine manière, nous ne nous sommes plus quittés. Néanmoins,
nous avons eu à regretter la disparition de notre cher général
Jacquenot, qui aurait tant voulu voir achevé le travail dont j'assure
aujourd'hui la préface.
Devant les résultats obtenus par Martine
Bellague et Jean-Marie Gallois, il fut vite clair que, si l'on
s'intéressait au nom de Pasteur, le passage par Salins était
incontournable. Nos amis s'étaient lancés en effet dans une enquête
systématique incroyablement efficace, dont l'objectif était de retrouver
tous les Pasteur possibles, des origines à nos jours, et de composer ce
que j'ai appelé ensuite le «Bottin» de cette vaste famille. Le moins
que l'on puisse dire est qu'ils y ont réussi, à tel point qu'ils furent
vite obligés de se limiter aux seuls Pasteur patronymiques. Et ils
arrivent malgré cela à un livre de 700 pages! Si le détour par Salins
était déjà obligatoire il y a quelques années, il l'est donc encore
plus aujourd'hui. Mais, pour comprendre l'ampleur du travail effectué, il
faut suivre un instant le chemin des Pasteur.
D'où vinrent ces gens lorsque, abergeurs
parmi d'autres, vers le treizième siècle sans doute, un peu avant ou un
peu après, ils colonisèrent les hautes terres de la région de Mouthe en
grande partie vierge jusque-là de présence humaine permanente ?
Probablement de Suisse et de Savoie, comme beaucoup de leurs compatriotes.
Avant le seizième siècle, il est à peu près impossible d'avoir des
éléments précis sur ces cultivateurs et éleveurs qui se constituèrent
en grandes «tribus» (le mot est de René Vallery-Radot, gendre de
Pasteur) pour répondre aux conditions sociologiques et juridiques propres
à la région. c'est-à-dire en référence à la mainmorte qui imposait
de vivre «en communion», comme on disait. Il se formait ainsi de vastes
associations familiales à qui un territoire étendu avait été «
loué» une fois pour toutes «pour quelque somme de deniers», disait
Loys Gollut, l'historien comtois du seizième siècle, et qui
prospéraient généralement. Cependant, quand le village natal devenait
«trop étroit», selon une expression du chanoine Musy cette fois-ci,
c'est-à-dire lorsque les ressources étaient insuffisantes pour faire
vivre chacun, les plus jeunes migraient vers le Premier Plateau, puis vers
la «perpétuelle plaine» (Gollut) où l'on se plaçait couvreur,
tonnelier, domestique, garçon-meunier, parfois archer, gendarme
dirions-nous. On épousait ensuite une jeune fille du pays ; si elle avait
de la terre, on redevenait paysan. Là, les liens s'élargissaient à
d'autres familles d'origines géographiques différentes, ce qui assurait
un mélange des sangs. On se déplaçait aussi en fonction «d'engins»,
de moulins, amodiés ou achetés, dont la roue à aube apportait
l'énergie nécessaire à leurs industries, ici un moulin à blé, là une
«lame de scie», ailleurs une ribe pour le chanvre. Les guerres, celle de
Dix ans en particulier, accrurent les migrations.
Les montagnons suivaient les routes
traditionnelles des foires, marchés et pèlerinages, les liens familiaux
permettant de progresser avec une certaine sécurité. Le fait que la
terre de Mouthe ait été insérée dans le bailliage de Pontarlier et
touche ceux de Salins et d'Ornans, le tout étant intégré dans le
bailliage d'Aval, explique que l'histoire des Pasteur s'y soit surtout
déroulée. Les migrants avaient deux routes principales. La plus directe,
de Lons-le-Saunier à Pontarlier, traversait le val de Mièges, mais une
bifurcation s'offrait, car on butait à l'Ouest sur les sapins
gigantesques de la forêt de Joux et au Sud sur le terrain chahuté de la
cluse d'Entreportes et des pertes de l'Ain, de passage plus délicat.
Passées ces difficultés, on s'installait sur le plateau, à Supt,
Montmarlon, Lemuy. Une douzaine de kilomètres et une forte dénivelée
permettaient d'atteindre Salins, «cité tant aimée» des princes de
Bourgogne. Une seconde voie trouvait son origine en direction de
Boujailles, via Levier. Par le Nord, on gagne le balcon de Châteauvieux,
autrefois Châtel Viel, où des Pasteur étaient installés au début du
seizième siècle et peut-être bien avant. De la haute vallée de la
Loue, il était simple ensuite de gagner Besançon le long de la rivière.
Les gens allaient de proche en proche sur une voie toute tracée. Dans la
descente jusqu'à la «perpétuelle plaine», le chemin habituel était
marqué de villages dont l'importance était comparable à Reculfoz, pays
d'origine des Pasteur, présumé du moins, pour arriver dans des villes
importantes, Salins et Besançon.
Du seizième siècle à nos jours, de
village en village, d'alliance en alliance, cela fit beaucoup de monde. Ce
fut donc à l'assemblage d'un gigantesque puzzle que s'attachèrent
Martine Bellague et Jean-Marie Gallois. Le résultat est remarquable. En
effet, on trouve dans ce livre la presque totalité de ce qui existe
malgré la complexité du sujet et la dissémination des sources,
d'ailleurs souvent incomplètes. Pour les trouver, il fallait une méthode
sans faille. C'est peu de dire que les auteurs de ce livre mirent en
pratique deux des principes de Descartes ou, si l'on veut, deux points
essentiels de la méthode expérimentale : ne recevoir jamais aucune chose
pour vraie, c'est-à-dire éviter soigneusement la précipitation et la
prévention, et faire des dénombrements si entiers et des revues si
générales qu'ils fussent assurés de ne rien omettre. Cela montre que,
heureusement, ô combien, on peut faire oeuvre scientifique sans être
dûment patenté. On se demande d'ailleurs combien de petits maîtres des
facultés seraient capables de faire un travail aussi soutenu, sérieux et
vérifié avec tant de constance et d'exactitude que celui de Martine
Bellague et de Jean-Marie Gallois ? Un ensemble de données aussi
conséquent pourrait même devenir la base d'une étude sociologique
autrement plus importante que mon propre livre par exemple, à paraître
bientôt, et qui n'est qu'une introduction au milieu familial de Pasteur
le savant. Encore faudrait-il y regarder à deux fois et éviter que,
comme cela se voit trop souvent depuis quelques années dans les
universités, une somme aussi complète, une recension aussi remarquable,
devienne aux mains d'un thésard pressé ou, pire, dogmatique, une
montagne qui accouche d'une souris. Martine Bellague et Jean-Marie Gallois
ont fait un travail admirable. Je fais des voeux pour qu'ils ne
s'arrêtent pas en si bonne route et que, complétant sans cesse leur
enquête, ils nous écrivent eux-mêmes un jour le livre des
Pasteur.
En terminant, je souhaite bonne chance à
cet ouvrage auprès de ceux qui possèdent du sang Pasteur, mais aussi de
tous ceux qu'intéresse la généalogie et même de toutes les personnes
qui aiment la «belle et bonne ouvrage» historique, car c'est ainsi que
se présente ce véritable dictionnaire. En le lisant, on pense aux
innombrables tranches de vie que résument chaque fois des noms et
quelques dates, à la vie rude de ces gens dans des pays que, l'hiver, la
neige isolait parfois pendant des mois dans l'ambiance sinistre des
tempêtes en montagne, à l'énergie de ces Comtois qui reconstruisirent
leurs vieux chalets malgré les ennemis sans nombre qui envahirent
régulièrement leur terres, car l'énergie des habitants et leur amour
pour leur région sont si forts que les difficultés les soudent entre eux
plus qu'on ne saurait le dire, et à leur pays plus que de raison. Le
dicton patois sur la capitale du Haut-Doubs, rapporté par Xavier Marmier
dans son livre En Franche-Comté, histoires et paysages «On ot biau verie,
deverie, on ne voit ra d'té que Pontaillie» (« On a beau tourner et
retourner, on ne voit rien de tel que Pontarlier») peut s'appliquer à
tout le pays des Pasteur et à tous les gens qui y habitaient. Merci
Martine, merci Jean-Marie, de nous y faire rêver.
Richard Moreau
Professeur émérite (Microbiologie) à l'Université de Paris XII
Correspondant national de l'Académie d'Agriculture de France
Généalogie des familles Pasteur
Martine Bellague et Jean-Marie Gallois
Editions Bellague-Gallois
73, rue de la république
F-39110 Salins-les-Bains
Première édition, 1999
Ajouté: June 17th 2001 Auteur de la chronique: Bellague et Gallois Score:      Lien en relation: Commander ce livre Lectures: 22177 french: french
[ Retour à l'index des chroniques ] |
|
| |
 |
Google+ |
 |
 |
Annonces |
 |
 |
Articles publiés |
 |
| Friday, December 05 | | · | Le Domaine de Saint-Maurice, propriété des Pasteur de 1730 à 1789 (0) |
| Monday, November 03 | | · | Jaques Pasteur, mestre-de-camp dans l'armée du Roi XIV (0) |
| Friday, October 03 | | · | Hugues Pasteur, curé de Sainct-Sigismond de Pelouaille (0) |
| Monday, July 14 | | · | Oh ! mon père et ma mère ! Oh ! mes chers disparus... (0) |
| Tuesday, July 01 | | · | Gastronomie moléculaire chez Louis Pasteur (0) |
| Monday, June 09 | | · | Registre des Bagnards de Rochefort (0) |
| Wednesday, May 07 | | · | Conférence sur Jean Joseph PASTEUR (0) |
| Thursday, May 01 | | · | Communiqué de presse - Nuit des Musées 2008 (0) |
| Saturday, November 10 | | · | Louis Pasteur - Fiche généalogique complète (0) |
| Friday, October 05 | | · | La Fête de la Science chez Pasteur à Arbois (0) |
| Saturday, May 12 | | · | Nuit des musées – Maison de Louis Pasteur (0) |
| Sunday, April 29 | | · | Conférence « Louis Pasteur en famille : les confidences de Mme Pasteur… » (0) |
| Monday, April 09 | | · | Conférence «Louis Pasteur et Jules Grévy» (0) |
| Monday, March 12 | | · | Maison de Louis Pasteur (Arbois) - Programme 2007 (0) |
| Monday, November 27 | | · | Les familles Pasteur de Genève (1) |
| Thursday, June 01 | | · | La famille Pasteur et ses cousins : Les Chamecin et les Rémond (0) |
| Saturday, December 17 | | · | Généalogie des familles Pasteur - Edition révisée (0) |
| Monday, December 05 | | · | Acte de décès de Emmanuel Pasteur (0) |
| Saturday, December 03 | | · | Le testament de Robert Pasteur (1572-1622) (0) |
| Monday, October 03 | | · | Henry Édouard Pasteur (1924 - 2005) (0) |
| Saturday, February 26 | | · | Aquarelles de Paul Emile Pasteur (0) |
| Thursday, January 13 | | · | Elise Aline Bornand et Louis Raymond Pasteur (1) |
| Friday, November 12 | | · | Jéromine Pasteur (0) |
| Saturday, July 31 | | · | Elise Pasteur cousine, niéce ou ... de Louis Pasteur ? (0) |
| Wednesday, July 21 | | · | Grand rendez-vous familial des Pasteur sur les rives de la Gartempe (0) |
| Monday, June 07 | | · | Assemblée générale de l'Association des familles Pasteur (0) |
| · | Juin 2004 - Quatrième journée ''Retrouvez vos Racines'' à Poligny (0) |
| Monday, May 03 | | · | Les Pasteur en France en 2004 (0) |
| Sunday, January 04 | | · | Décès de Pierre Bourgeois, pionnier de la généalogie sur Internet (0) |
| Saturday, December 13 | | · | Les Pasteurs morts pour la France (2) (0) |
Archives
|
 |
Catégories |
 |
 |
Récompenses |
 |
|